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FISCALITE
DES ASSOCIATIONS : SYNTHESE
N.D.L.R.:Cette synthèse rédigée par un
cabinet de conseils spécialisés dans ces questions
auprès de collectivités publique l'a été
afin de sensibiliser les organisateurs de manifestations (foires,
salons...) ayant le statut associatif. Il fera référence
aussi pour toutes les associations dont l'activité
est en rapport avec nos métiers.
Nous disposons des textes complets émanant de l'administration
fiscale... Ce sont eux qui nous ont permis de soulever le
problème posé par une radio locale héraultaise
en 1999. Laquelle se trouvant aujourd'hui sous surveillance...
Pour
présenter un caractère non lucratif sur le plan
fiscal et échapper ainsi aux impôts commerciaux,
une association doit remplir les conditions suivantes :
- Il
faut d'une part que sa gestion soit désintéressée
(I),
- d'autre
part qu'elle exerce son activité dans des conditions
différentes de celles du secteur concurrentiel (II)
.
- Il
faut en outre qu'elle n'ait pas pour activité de
rendre des services à des entreprises qui en retirent
un avantage concurrentiel (III).
Largement issues de la jurisprudence, ces règles ont
été redéfinies par l'administration dans
une instruction du 15 septembre 1998 (Inst. 4 H-5-98), qui
a fait suite au rapport établi par M. GOULARD à
la demande du Premier Ministre Lionel Jospin. En marge de
cette instruction, l'administration a mis en place un système
visant à sécuriser les associations. Ce système
comprend deux volets, l'un permanent, l'autre temporaire.
Le premier permet aux associations d'interroger l'administration
sur leur situation fiscale (IV). Le second a pour objet de
laisser aux associations le temps de se conformer aux règles
posées par l'instruction du 15 septembre 1998 et, corrélativement,
de tirer un trait sur le passé (V).
Malgré une volonté affichée de clarification
du régime fiscal des associations, l'instruction du
15 septembre 1998 suscite de nombreuses difficultés
d'application. Une instruction complémentaire a d'ors
et déjà été publiée, qui
vise notamment à préciser la notion de gestion
désintéressée (Inst. 4 h-1-99 du 16 février
1999). Il est vraisemblable que d'autres instructions suivront,
de nombreuses discussions restant en cours entre les représentants
de l'administration et ceux du monde associatif.
Différentes mesures fiscales favorables aux associations
ont par ailleurs été annoncées par le
Premier Ministre lors des assises nationales de la vie associative
des 20 & 21 février 99. En particulier, la loi
de finances pour 2000 devrait comporter une disposition exonérant
de tous impôts commerciaux les associations qui exercent
une activité commerciale accessoire dégageant
moins de 250.000 Frs de chiffre d'affaires annuel. On veut
espérer que cette mesure se traduira par 1'exonération
pure et simple de toutes les associations qui réalisent
moins de 250.000F de chiffre d'affaires.
NDLR: Cette information reste à vérifier
Démarche retenue par linstruction du 15 septembre
1998
Pour clarifier les conditions d'appréciation de la
non-lucrativité des associations, l'administration
a retenu une démarche simple qui consiste à
procéder par étapes.
Au préalable, l'association doit examiner si son activité
n'est pas principalement exercée au profit d'entreprises
qui en retirent un avantage concurrentiel. Si tel est le cas,
l'association présente toujours un caractère
lucratif.
Dans le cas, le plus fréquent, où l'association
n'entretient pas de relations privilégiées avec
des entreprises, l'analyse de sa situation fiscale doit la
conduire à se poser trois questions.
1ere question : la gestion de l'association est-elle
désintéressée ?
· En cas de réponse négative, l'association
présente un caractère lucratif, sans qu'il soit
besoin de poursuivre l'analyse.
· Si la réponse est positive, il faut passer
à la 2e question.
2eme
question : l'association à gestion désintéressée
concurrence t-elle une entreprise ?
· Si la réponse est négative, l'association
présente un caractère non lucratif.
· Si l'association concurrence une entreprise, il faut
passer à la 3e question.
3eme
question : cette association exerce t-elle son activité
dans des conditions similaires à celles des entreprises
du secteur concurrentiel ?
· Si oui, l'association présente un caractère
lucratif.
· Si non, l'association échappe aux impôts
commerciaux
Portée
des critères au regard des principaux impôts
commerciaux
Pour
l'administration, les critères de lucrativité
ont une portée générale (Inst. 4 h-5-98
n'l).Il en résulte les conséquences suivantes:
· Une association qui remplit les conditions de non-lucrativité
échappe à l'ensemble des impôts commerciaux
, · Réciproquement, une association qui présente
un caractère lucratif est soumise à l'ensemble
des impôts commerciaux.
En réalité, la corrélation ainsi faite
par l'administration entre les différents impôts
commerciaux doit être quelque peu nuancée: l'impôt
sur les sociétés, la taxe professionnelle et
la TVA ont chacun leurs critères d'application propres.
Il ne fait pas de doute qu'une association qui présente
un caractère lucratif se voit assujettie à l'impôt
sur les sociétés dans les mêmes conditions
qu'une société de capitaux. En effet, toutes
les personnes morales qui se livrent à une exploitation
ou à des opérations à caractère
lucratif sont passibles de l'impôt sur les sociétés
(CGI art. 206-1). L'assujettissement à l'impôt
sur les sociétés de droit commun rend en outre
l'association passible de l'imposition forfaitaire annuelle
(CGI art. 223 septies). Cet impôt sera d'ailleurs le
seul définitivement à la charge de l'organisme
si celui-ci ne réalise aucun bénéfice.
Quant aux associations qui remplissent les conditions de non-lucrativité,
elles échappent à l'imposition forfaitaire annuelle
et, pour leurs revenus patrimoniaux, sont assujetties à
l'impôt sur les sociétés selon un taux
réduit de 10% ou de 24% (CGI art. 206-5 et 219 bis).
Une association qui présente un caractère lucratif
est également, en principe, assujettie à la
taxe professionnelle, dont le champ d'application est très
proche de celui de l'impôt sur les sociétés.
Cependant, la corrélation entre les deux impôts
n'est pas absolue : la taxe professionnelle ne frappe que
les activités professionnelles exercées à
titre habituel (CGI art. 1447). Cette condition d'habitude
étant spécifique à la taxe professionnelle,
une association peut échapper à cet impôt
alors qu'elle est assujettie à l'impôt sur les
sociétés dans les conditions de droit commun.
Les associations à caractère non lucratif échappent
à la taxe professionnelle.
Plus délicate est la question du lien entre lucrativité
et taxation à la TVA. Frappant des opérations
et non des personnes, la TVA a vocation à s'appliquer
à 1'ensemble des opérations à caractère
payant réalisées par les associations, indépendamment
de leur caractère lucratif ou non lucratif. Cependant,
il existe de nombreuses exonérations de TVA. Certaines
sont de portée générale et s'appliquent
par conséquent aux associations sans considération
de leur objet lucratif ou désintéressé
(par exemple, exonération des activités d'enseignement).
D'autres exonérations sont spécifiques aux organismes
sans but lucratif. Ces exonérations sont toutes subordonnées
au caractère non lucratif de l'organisme (voir CGI
art. 261-4-9-, 261-7-1 a, b, c et d). Il en résulte
en pratique que la plupart des opérations effectuées
par les associations à caractère non lucratif
sont exonérées de TVA et que, de ce fait, la
grande majorité de ces associations n'est pas redevable
de la taxe. Or, contrairement à ce qui se passe avec
les autres impôts commerciaux, les associations ont
assez souvent intérêt à être soumises
à la TVA (pour récupérer la taxe supportée
sur leurs achats et échapper à la taxe sur les
salaires). Elles ne peuvent évidemment pas renoncer
aux exonérations qui leur sont applicables en tant
qu'organismes sans but lucratif (aucune "option"
à la TVA ne leur est ouverte à ce titre). Ce
qu'elles peuvent faire, en revanche, c'est s'abstenir délibérément
d'en remplir les conditions, par exemple en rémunérant
un dirigeant. Mais dans ce cas, elles seront également
soumises à l'impôt sur les sociétés
et à la taxe professionnelle.
Pour mesurer l'intérêt qui s'attache à
la taxation à la TVA, les associations à caractère
non lucratif doivent donc comparer l'avantage en résultant
avec la charge fiscale liée à leur assujettissement
aux impôts directs (existence d'exonérations
spécifiques, réalisation ou non de bénéfices,
montant brut des immobilisations, salaires... )
La taxation à la TVA sans assujettissement corrélatif
aux autres impôts commerciaux relève de l'hypothèse
d'école, réserve faite des très rares
exceptions admises par l'administration (centres d'aide par
le travail).
Merci
à notre partenaire : G.E.A.
pour ces informations.
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